Mais toi ,tu n'est pas un de ses mirages.Pas un glissment d'algue.Pas l'écho du battement d'aile de l'oiseau,à l'autre bout du ciel.Toi,l'homme de terre,de remous creusés à pleines mains dans le vif de la vie ,cascades de soleil,tempètes,chairs brunes,peau griffé de torrents de fruits,jus ruissenlants éclatants,nous les buvons ensemble lèvre contre lèvre.Et cette danse qui naît de toi?Elle s'anime dès que je prononce ton nom.Je descends au bord du fleuve,je rejoins notre eau tumultueuse.Des femmes arrivent et déposent sur les deux rives le milles flambeaux.La danse du feu commence.
"Le feu et l'eau sont une seule et même chose",glisse-t-on de bouche en bouche.Et c'est bien la phrase,jamais tarie,que l'on trouve dans le livre du poète que nous préférons.Les livres et la vie finissent toujours par se rencontrer.Eux aussi sont une seule et même chose.Je le crois.Tu me l'a affirmé.
Ce soir, sous l'arbre,tu as eu ce geste, me tendre la main.Savais-tu qu'i suffisait à cemoment-là d'effleurer mes doigts pour libérer les mots,dérive sûre?Des mots-racines que toi seul receuilles,autour de nous dans la foule.Les mts sont les fruits qui fondent entre nos dents.Pourquoi,du crépuscule à l'aube,dire et redire "je t'aime"?Pour unir l feu et l'eau,pour,ensemble,vaincre le ressac noir des jours,pour éprouver sans fin la brûlure de la flamme,l'insistante caresse de l'onde.



